Étiqueté : Haïku

Maurice Coyaud

(…) le haïku tire sa dynamique du vide. Telle est la vertu de son “insignifiance” : elle lui confère une sorte d’apesanteur qui lui permet de se déployer sans entrave dans toutes les directions, d’accueillir tous les sens possibles. La poésie qui l’anime est celle du moins dire : perpétuellement tendue vers ce “degré zéro” où se situe son achèvement 

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Maurice Coyaud

Certes avons-nous de quoi être déroutés par cette poésie qui occupe si peu de place et qui occupe si légèrement sa place, nous autres occidentaux si anxieux d’exploiter le champ complet du discours et des discours, toujours prêts à expliciter nos paroles par d’autres paroles, à arpenter la moindre parcelle de signification, à accaparer systématiquement le terrain.
(Maurice Coyaud –

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Olivier Adam

Au fond il s’agit moins de décrire que de ressentir. L’écriture, nue à l’extrême, se dépouille de tout ce qui encombre pour se faire sismographe du moindre tressaillement. A fleur de peau, les yeux les oreilles grand ouverts, il y a, là aussi leçon d’écriture : il faut rester à la surface, s’en tenir à l’épiderme, ne pas s’embourber dans

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Roland Barthes

Comme une boucle gracieuse, le Haïku s’enroule sur lui-même, dans le sillage du signe qui semble avoir été tracé, s’efface : rien n’a été acquis, la pierre du mot a été jetée pour rien : ni vagues ni coulées du sens.
(Roland Barthes – L’empire des signes)

Roland Barthes. L’empire des signes.… Suite

Roland Barthes

Le Haïku nous fait souvenir de ce qui ne nous est jamais arrivé. En lui nous reconnaissons une répétition sans origine, un évènement sans cause, une mémoire sans personne, une parole sans amarres. Ce que je dis ici du Haïku je pourrais le dire aussi de tout ce qui advient lorsqu’on voyage dans ce pays que l’on appelle le Japon.

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Bashô

Il nous faut certes établir notre esprit dans le domaine de la vraie compréhension, mais de là ne pas manquer de retourner à l’expérience immédiate pour y trouver la vérité de la réalité. Quoi que nous soyons en train de faire à un moment donné, nous ne devons pas perdre de vue que ce que nous faisons est en corrélation

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Sosêki Natsume

Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre public les résultats de sa propre autopsie. Il y a pour cela divers moyens. Mais le plus simple est de résumer en dix sept syllabes tout ce qu’on trouve à portée de sa main. Les dix sept syllabes constituent la structure poétique la plus commode à

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Roland Barthes

Il s’amincit jusqu’à la pure et simple désignation : “c’est cela, c’est ainsi”, dit le haïku, ou mieux encore : “Tel!” dit-il, d’une touche si instantanée et si courte que la copule y est encore de trop, comme le remords d’une définition interdite, à jamais éloignée. Le sens d’un flash, une griffure de lumière.
( Roland Barthes)

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Roland Barthes

Le haïku ne décrit jamais : son art est contre descriptif, dans la mesure où tout état de la chose est immédiatement, obstinément, victorieusement converti en une essence fragile d’apparition (…)
(Roland Barthes)

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Philippe Forest

Le Haïku n’est l’expression d’aucune sagesse, juste une incision très légère faite dans la trame du temps, la césure nette et infime par où se laisse apercevoir la vrille d’un vertige ouvrant sur nulle part, précipitant le passage du présent puis le suspendant sur la pointe insignifiante d’un seul instant.
(Philippe Forest)

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Yves Bonnefoy

Le Haiku n’a pas d’ombres portées, les choses y étincellent, les nocturnes comme les diurnes, à la façon dont le trait, dans un lavis de l’époque, traverse le contour même qu’il trace, ressort de l’autre côté de la forme dans le vide, en fait jaillir dans l’image une lumière sans source qui y consume le lieu, même si celui-ci a

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Roland Barthes

Le Haïku n’est pas une pensée riche réduite à une forme brève, mais un évènement bref qui trouve d’un coup sa forme juste
(Roland Barthes)

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